La garde à vue est une mesure de privation de liberté. Elle permet aux officiers de police judiciaire de retenir une personne suspectée d’avoir commis ou tenté de commettre une infraction. Décryptage du déroulement de la garde à vue, des droits de la personne concernée et du rôle de l’avocat.

Qu’est-ce que la garde à vue ?

Définition juridique

La garde à vue est une mesure de contrainte décidée par un officier de police judiciaire (OPJ) ou sur instruction d’un procureur de la République. Elle consiste à retenir une personne dans les locaux des enquêteurs (police ou gendarmerie) lorsqu’elle est suspectée d’avoir commis ou tenté de commettre un crime ou un délit passible d’une peine de prison. 

Encadrée par le Code de procédure pénale, la garde à vue peut être requise lors d’une enquête préliminaire ou d’une enquête de flagrance (lorsqu’une infraction vient d’être commise ou est sur le point de l’être).

Objectifs de la garde à vue

Le placement en garde à vue ne peut être décidé que s’il constitue le seul moyen d’atteindre au moins l’un des objectifs prévus par la loi : 

Dans quels cas peut-on être placé en garde à vue ?

Les conditions légales

Une personne ne peut être placée en garde à vue qu’à certaines conditions :

De plus, comme évoqué précédemment, la garde à vue doit être le seul moyen d’atteindre l’un des objectifs fixés par la loi (auditionner le suspect, préserver les preuves, empêcher une concertation avec des complices, etc.).

Lorsque ces conditions sont réunies, l’OPJ peut décider d’une mise en garde à vue. La décision doit être signifiée au procureur de la République dès sa mise en œuvre. Elle est prononcée pour une durée de 24 heures qui peut être prolongée ou écourtée.

Les motifs usuels

La garde à vue est généralement décidée dans le cadre d’enquêtes liées à des délits ou des crimes passibles de peine d’emprisonnement, notamment :

Déroulement d’une garde à vue : les étapes

Notification des droits

Dès le début de la mesure, l’OPJ doit obligatoirement informer la personne suspectée : 

La personne doit être informée de ces éléments dans une langue qu’elle comprend.

Auditions

Tout au long de la garde à vue, la personne peut être auditionnée par les enquêteurs sous forme d’entretien libre ou d’interrogatoire, mais aussi de confrontation. 

La personne peut demander l’assistance de son avocat lors de ces auditions. Néanmoins, l’audition peut débuter sans la présence de l’avocat si une raison particulière le justifie et uniquement sur autorisation du procureur de la République ou du juge des libertés et de la détention.

Pour les besoins de l’enquête, la personne peut être transportée sur un autre lieu et prendre part à une opération de reconstitution de l’infraction ou d’identification de suspects. Les auditions sont enregistrées en vidéo et retranscrites dans un procès-verbal.

Fouille et retenue des effets personnels

Au cours de sa garde à vue, la personne peut être palpée ou fouillée par les agents des services de police ou de gendarmerie : 

Les effets personnels (téléphone, bijoux, etc.) de la personne peuvent être retenus pendant toute la durée de la mesure, sauf ceux nécessaires au respect de sa dignité, comme les vêtements. Ils lui sont restitués à la fin de la garde à vue. 

Prolongation éventuelle de la garde à vue

La durée d’une garde à vue ne doit pas dépasser 24 heures à partir du moment de l’arrestation. Cependant, elle peut être abrégée ou prolongée pour atteindre 48 heures (voire 96 heures en cas de meurtre aggravé ou 144 heures en cas de terrorisme ou de crime organisé). 

La prolongation de la durée de la garde à vue n’est possible que lorsque l’infraction en cause est un crime ou un délit puni d’une peine de prison supérieure ou égale à un an. De même, la prolongation ne doit servir qu’à atteindre l’un des objectifs fixés par la loi (auditionner le suspect, l’empêcher de se concerter avec des complices ou de détruire des preuves, etc.). 

La décision de prolonger une garde à vue est prise soit par le procureur de la République (dans le cadre d’une enquête préliminaire ou de flagrance), soit par le juge d’instruction (lors d’une information judiciaire).

Quels sont vos droits pendant la garde à vue ?

Le droit à l’assistance d’un avocat

Dès la première heure

Dès son placement en garde à vue, la personne a le droit d’être assistée par un avocat de son choix. Ce droit s’exerce dès la première heure et à tout moment de la mesure.

L’avocat et son client peuvent échanger durant un entretien confidentiel de 30 minutes maximum. Si la garde à vue est prolongée, ils peuvent s’entretenir à nouveau pour une durée de 30 minutes.

Le rôle de l’avocat

L’avocat joue un rôle essentiel dans la défense des droits de la personne gardée à vue. Son assistance permet notamment :

Durant la garde à vue, l’avocat est en droit de consulter le procès-verbal établi après le placement, les procès-verbaux d’audition et de confrontation, ainsi que le certificat médical.

Sur demande de son client, l’avocat assiste à toutes les auditions et confrontations, y compris lors des reconstitutions et des séances d’identification de suspects. 

L’avocat peut prendre des notes, poser des questions et formuler des observations écrites qui peuvent être ajoutées au procès-verbal.

Le droit de faire prévenir un proche

La personne a également le droit de demander à ce qu’un proche soit informé de sa situation. Il peut s’agir d’un membre de la famille, d’un ami, de son employeur ou de l’ambassade (ou du consulat) de son pays si elle est de nationalité étrangère.

Les enquêteurs doivent informer le proche dans un délai de 3 heures à compter de la demande. Toutefois, le procureur de la République peut retarder la demande ou refuser d’y accéder en vue d’obtenir ou de conserver des preuves, mais aussi d’empêcher une atteinte grave à la vie, à la liberté ou à l’intégrité physique d’une personne.

La personne peut solliciter une communication par écrit, par téléphone ou par entretien avec le proche désigné. Cependant, l’OPJ peut s’y opposer si sa demande risque de compromettre les objectifs de la garde à vue ou de faciliter la commission d’une nouvelle infraction. 

Le droit à un examen médical

La personne peut demander à être examinée par un médecin qui vérifie son état de santé et sa capacité à subir une garde à vue. Les enquêteurs doivent accéder à sa demande dans un délai de 3 heures. L’examen médical peut aussi être effectué sur demande d’un membre de la famille ou du proche prévenu. Si la garde à vue est prolongée, la personne peut requérir un deuxième examen médical. 

L’examen peut être effectué à distance (téléconsultation), sauf si la personne est mineure, majeure sous protection juridique ou encore en situation de vulnérabilité. Le certificat médical est ajouté au dossier.

Le droit au silence

Enfin, hormis l’obligation de décliner son d’identité, la personne gardée à vue a le droit de refuser de répondre aux questions des enquêteurs. Principe fondamental de la défense, le droit au silence permet de s’assurer que la personne ne fasse pas d’aveux sous la contrainte. 

Quels recours après une garde à vue ?

Classement sans suite

Si les éléments rassemblés au cours de la garde à vue ne suffisent pas à caractériser une infraction, le procureur de la République ou le juge d’instruction peut décider d’un classement sans suite. La procédure prend fin et la personne est remise en liberté.

Comparution immédiate ou convocation

Lorsque les éléments sont suffisamment graves pour caractériser l’infraction, la personne est présentée devant le procureur de la République ou le juge d’instruction, soit par comparution immédiate (le jour de la fin de la garde à vue), soit par convocation à une date ultérieure.

Possibilité de contester une garde à vue abusive

Si la personne estime que des irrégularités ont entaché le déroulement de sa garde à vue, par exemple, en cas d’absence de notification de ses droits ou d’une prolongation injustifiée, elle peut, avec l’assistance de son avocat, invoquer la nullité de la procédure. Si un juge reconnaît cette irrégularité, cela peut entraîner la nullité de la garde à vue et affecter la poursuite de la procédure pénale.

L’intervention du cabinet Violleau & Associés

Un avocat disponible en urgence

Les avocats du cabinet Violleau & Associés interviennent 24 h/24 et 7 j/7, à Paris et en Île-de-France, afin de veiller à ce que vos droits soient respectés dès le début de la garde à vue. Dès votre placement, contactez-nous sans attendre.

Une stratégie de défense dès les premières heures

La mise en garde à vue est une situation difficile à gérer. La présence d’un avocat dès les premières heures est essentielle pour vous aider à préparer l’audition. Le cabinet Violleau & Associés vous assiste dès votre mise en garde à vue pour mettre en place une stratégie de défense adaptée aux faits qui vous sont reprochés.

Conclusion : ne restez jamais seul en garde à vue

Un moment crucial dans toute procédure pénale

Les déclarations effectuées pendant une garde à vue peuvent avoir de lourdes conséquences lors d’un éventuel jugement. L’assistance de l’avocat est donc nécessaire pour vous éviter de faire des déclarations ou de signer des documents qui pourraient impacter votre défense. 

Contactez immédiatement un avocat pénaliste

Ne restez pas seul face aux enquêteurs de la police judiciaire. Si vous êtes placé en garde à vue, faites immédiatement appel au cabinet Violleau & Associés. Notre équipe d’avocats pénalistes intervient en urgence pour vous conseiller, vous défendre et protéger vos droits dès la première heure.

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