Au cours d’une information judiciaire, certaines décisions du juge d’instruction ou du juge des libertés et de la détention peuvent être contestées devant la chambre de l’instruction. Quel est le rôle de cette juridiction ? Pourquoi peut-on y être convoqué ? Quelles sont les conséquences sur la suite de la procédure ? Revenons sur ce qu’implique une convocation devant la chambre de l’instruction et comment s’y préparer.

Qu’est-ce que la chambre de l’instruction ?

La chambre de l’instruction est une formation spécialisée de la cour d’appel. En tant que juridiction du second degré, c’est elle qui examine les appels dirigés contre les décisions du juge d’instruction et celles des juges des libertés et de la détention (JLD). 

Elle statue notamment sur les recours formés contre : 

La chambre de l’instruction a aussi le pouvoir de rouvrir une information judiciaire, s’il existe de nouvelles charges à l’encontre du mis en examen. Dans certains cas, elle est compétente pour statuer sur les demandes de mise en liberté. Enfin, elle est compétente pour se prononcer sur les nullités de procédure.

La chambre de l’instruction est une juridiction collégiale qui se compose de trois juges : un président et deux conseillers. Elle comprend également un représentant du ministère public (le procureur général ou un de ses substituts) et un greffier de la cour d’appel. 

À noter : à compter du 1ᵉʳ janvier 2029, la chambre de l’instruction s’appellera la chambre des investigations et des libertés.

Dans quels cas peut-on être convoqué devant la chambre de l’instruction ?

La convocation devant la chambre de l’instruction intervient lorsqu’un recours est formé contre une décision prise au cours de l’information judiciaire. Elle peut s’adresser à la personne mise en examen, à la partie civile (notamment lorsqu’elle conteste une ordonnance de non-lieu), à leurs avocats ou au ministère public (le parquet).

Appel d’une ordonnance du juge d’instruction

La convocation devant la chambre de l’instruction peut viser une ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel ou de mise en accusation devant la cour d’assises. L’audience vise alors à déterminer la suite à donner au dossier (la poursuite de l’instruction, le renvoi vers une juridiction de jugement ou l’arrêt des poursuites).

La chambre de l’instruction peut également être saisie : 

Appel d’une décision du juge des libertés et de la détention

Le JLD est le magistrat compétent pour décider du placement ou de la prolongation en détention provisoire d’une personne mise en examen. En cas de contestation de la mesure, la convocation peut concerner une audience visant à entendre la demande de mise en liberté. La décision contestée peut aussi concerner un placement sous contrôle judiciaire ou une assignation à résidence sous surveillance électronique.

Quelles décisions peut rendre la chambre de l’instruction ?

Selon la nature du recours dont elle est saisie, la chambre de l’instruction peut rendre plusieurs types de décisions :

Sauf cas exceptionnels, les arrêts rendus par la chambre de l’instruction peuvent faire l’objet d’un pourvoi en cassation. Ce recours doit être exercé dans des délais courts et nécessite l’assistance d’un avocat.

Quelles différences entre la chambre de l’instruction et le juge d’instruction?

Le juge d’instruction et la chambre de l’instruction assurent des rôles différents. Alors que le juge d’instruction mène les investigations, la chambre de l’instruction vérifie la régularité de la procédure pénale et le bien-fondé des décisions prises pendant ou après l’information judiciaire.

En effet, le juge d’instruction est le magistrat chargé de mener l’information judiciaire, c’est-à-dire de diriger les enquêtes. À ce titre, il peut mettre en examen, ordonner des expertises et des perquisitions, organiser des auditions et des confrontations et demander au JLD un placement en détention provisoire. À la fin de l’information judiciaire, il rend une ordonnance de renvoi devant une juridiction de jugement ou une ordonnance de non-lieu. 

Quant à la chambre de l’instruction, elle n’a pas de pouvoir d’enquête. Elle exerce un rôle de contrôle et est saisie lorsqu’un recours est formé contre une décision du juge d’instruction ou du juge des libertés et de la détention. 

Quels sont vos droits lors d’une convocation devant la chambre de l’instruction ?

Si vous êtes convoqué devant la chambre de l’instruction, vous serez entendu lors d’une audience contradictoire. Vous bénéficiez donc des droits de la défense, notamment : 

Bon à savoir : si la chambre de l’instruction rend un arrêt de non-lieu concernant des poursuites à votre encontre, vous avez le droit de demander une publication intégrale ou partielle de l’arrêt, ou l’insertion d’un communiqué dans un journal écrit ou en ligne.

Pourquoi se faire assister par un avocat devant la chambre de l’instruction ?

L’assistance d’un avocat pénaliste devant la chambre de l’instruction est indispensable, dans la mesure où l’audience porte sur des débats techniques : régularité des actes, maintien en détention, orientation du dossier vers un procès ou un non-lieu, etc. 

Avant l’audience, l’avocat procède à une analyse approfondie du dossier d’instruction et de la décision contestée. Ainsi, il peut identifier : 

Le rôle de l’avocat est de mettre en place une stratégie de défense cohérente. Après étude de votre dossier, il prépare les observations écrites et les arguments juridiques à soumettre aux juges, la procédure étant principalement écrite.

À l’audience devant la chambre de l’instruction, l’avocat répond aux questions des juges et aux réquisitions du ministère public. Il met en avant les éléments favorables à son client (par exemple, pour contester un placement en détention provisoire, il peut insister sur l’absence de risques de fuite). Si la liberté de son client est en jeu, il peut plaider une demande de mise en liberté ou l’allègement d’un contrôle judiciaire. 

Enfin, l’assistance de l’avocat permet d’anticiper les suites de la décision de la chambre, qu’il s’agisse de la poursuite de l’instruction, d’un renvoi devant une juridiction de jugement, d’un non-lieu ou d’un pourvoi en cassation. 

Dès réception de votre convocation devant la chambre de l’instruction, contactez votre avocat pénaliste en urgence. Nos avocats vous accompagnent pour définir une stratégie de défense adaptée aux enjeux spécifiques de l’audience devant cette juridiction de contrôle. Contactez le cabinet Violleau & Associés dès maintenant.

FAQ 

Qui peut saisir la chambre de l’instruction ?

La chambre de l’instruction peut être saisie par la personne mise en examen, la partie civile ou le ministère public. Chacun peut former un recours contre les décisions du juge d’instruction ou du JLD, dans les conditions et délais prévus par le Code de procédure pénale. L’assistance d’un avocat est alors indispensable pour présenter une argumentation adaptée.

L’audience devant la chambre de l’instruction est-elle publique ?

En principe, l’audience devant la chambre de l’instruction se déroule en audience publique. Toutefois, elle peut se tenir à huis clos dans certains cas : si la personne mise en examen est mineure, si la publicité des débats risque de porter atteinte au bon déroulement de l’instruction, à la présomption d’innocence, à la dignité de la personne ou à la sérénité des débats.

Faut-il se présenter personnellement à une convocation devant la chambre de l’instruction ?

La présence personnelle n’est pas toujours requise. Dans de nombreux cas, la représentation par un avocat suffit, notamment lorsque les débats portent sur des questions juridiques. Cependant, lorsque la liberté est en jeu (placement ou maintien en détention provisoire), la comparution de la personne mise en examen est obligatoire.

Peut-on contester la décision de la chambre de l’instruction ?

Les décisions de la chambre de l’instruction peuvent faire l’objet d’un pourvoi en cassation. Ce recours ne permet pas de réexaminer les faits, mais de contester la correcte application de la loi et des règles de procédure. Les délais sont courts et le pourvoi doit être formé avec l’assistance d’un avocat.

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